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		<title>David</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Dec 2011 14:20:34 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[David
Tous les quelques jours, en marchand sur Quattro Venti, je croise un vendeur de bricoles itinérant. Ils sont pour la plupart Nigérian dans mon quartier. Je traverse la rue Francesco Busiri, quand du haut de la pente je vois ce type à casquette me sourire. Il approche avec urgence et je ralentis légèrement le pas. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1140237.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-611" title="P1140237" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1140237-150x150.jpg" alt="" width="199" height="199" /></a>David</p>
<p>Tous les quelques jours, en marchand sur Quattro Venti, je croise un vendeur de bricoles itinérant. Ils sont pour la plupart Nigérian dans mon quartier. Je traverse la rue Francesco Busiri, quand du haut de la pente je vois ce type à casquette me sourire. Il approche avec urgence et je ralentis légèrement le pas. Je lui rend son sourire mais lui laisse comprendre aussitôt que je n’ai besoin de rien. Je continue à marcher lentement et il fait quelques pas avec moi. _« mutandine? Non hai bisogno di mutande?» _« No Graziè. » Il insiste un peu pour que j’achète ses calçons, mais sans conviction. Il semble bien parler l’italien. Je lui demande d’où il vient. « Nigeria » me dit-il avec ses cils retroussés. Il a l’air sympa et engageant et je crois qu’on a tous deux envie d’un brin de conversation. J’explique que je suis du Canada et mon italien est limité. « I can hear you if you speak English. In my country we speak English and many dialects. » dit-il. On se présente, on se serre la main et on parle de choses et d’autres en avançant sans hâte. Il est en Italie depuis six mois, n’avait aucun italien en arrivant, pourtant il comprend tout ce qui se dit. Je ne peux pas en dire autant avec mes méthode Berlitz et nombres de dictionnaires que j’ouvre un peu tous les jours. L’italien lui vient avec la vente de ces caleçons. Un type sort du magasin devant lequel on s’est arrêté. Il fait signe à sa femme avant de s’adresser à David. Je ne saisis pas tout ce qu’il lui dit, mais il parle de tapage et que les carabinieri viendraient immédiatement. Je n’aurais pas deviné à son ton qu’il le menaçait. S’il se remet à faire du bruit comme hier, il appellerait les carabinieri. David explique qu’il n’était pas là hier. Le type arrête les accusations qu’il faisait sans animosité et s’excuse sans gentillesse. On se déplace de quelques pas pour ne pas être devant cette entrée et David continue à me raconter son histoire.</p>
<p>Ils étaient vingt à quitter Abuja dans une Jeep. Après le Niger, ils ont traversé le désert en s’accrochant tant bien que mal aux deux potos vissées sur la structure de la camionnette. Vingt à faire tanguer l’essieu en alternant entre des positions plus ou moins précaires. Penchés dans le vide, ceux sur le bord s’agrippent fermement à une ou deux mains, parfois vingt minutes à la fois. Dans les positions plus sécuritaires du centre, on a le désavantage d’étouffer entre deux corps suintants. Les huit places assises sont réservées aux femmes qui cèdent volontiers leurs prérogatives pour laisser les hommes somnoler. C’est ainsi que jour et nuit ils ont roulé. Deux chauffeurs alternaient. On ne s’arrêtait qu’à certains points convenus pour faire des provisions de gaz et d’eau. Un soubresaut violent sur la route les faisait parfois se bousculer comme dans un jeu de quilles et le dernier du bord tombait. D’autres fois, l’un d’eux somnolait debout et sa prise s’amollissait.  Cédant à la fatigue, il arrivait qu’on lâche prise et si on ne se rattrapait pas assez vite on tombait sur la route. Quand cela arrivait et que les autres réussissaient à alerter le chauffeur assez vite, ce dernier s’arrêtait et faisait demi tour pour ramasser le malheureux. Si le blessé était encore vivant, on le soulevait à quatre et on l’assoyait sur un des sièges sans le soigner, car les conditions ne le permettaient pas. Il fallait continuer à rouler bon an mal an. Lorsque la personne tombée avait moins de chance et semblait morte, le chauffeur prenait les autres à témoin pour confirmer qu’il n’y avait plus rien à faire. Musulman, il faisait une prière avant de le couvrir de sable à quelques mètres de la route, sans lui vider les poches, sauf bien sûr s’il était accompagné. Quand le trépassé s’était lié d’amitié avec un des passagers, ce dernier cherchait une adresse pour prévenir la famille du défunt, mais on n’insistait pas beaucoup là-dessus. On consolait cet ami récent. Certains, comme le chauffeur marmonnaient une prière, mais personne ne versait de larmes pour le pauvre égaré. Pendant quelques heures suivant ces incidents tout le monde restait éveillé en silence. C’est le mieux qu’on pouvait comme marque de respect. Il y avait de grands cylindres d’eau dont on se servait parcimonieusement, surtout quand le soleil était au plus chaud. L’eau s’évaporait si on laissait le contenant décapsulé trop longtemps, et on se faisait regarder de travers par les autres. Au bout de deux semaines, on est arrivés en Lybie. Comme il y avait la guerre, on évitait tout contact avec les gens armées. Il s’agissait de rester là le moins longtemps possible pour ne pas dépenser le peu qu’on avait. Il n’était pas difficile de trouver le contact recommandé pour la suite du périple. Si on ne le localisait pas assez vite, on devait se fier à ceux qui nous approchaient. C’est un circuit fait de segments isolés mais interdépendants, ou chaque maillon a besoin du suivant et du précédent pour survivre.  Les passagers de la Jeep s’étaient tous dispersés à l’arrivée mais on avait pour la plupart  la même destination, c’est à dire l’Italie. C’était chacun pour soi, mais on finissait par se croiser.</p>
<p>Le type qui a approché David pour la traversée en bateau l’a assuré qu’il l’avait fait plusieurs fois sans problème. Il fallait montrer les 300 dollars U.S. que ça coûte. On fixait un lieu et une heure. Cent dollars à l’avance, et deux cent à l’embarquement. Il n’y avait pas de négociation et toute l’affaire était convenue en cinq minutes. À 4 :30h du matin, deux jours plus tard, David était surpris de voir qu’il y avait soixante personnes toutes prêtes à s’embarquer. Des femmes, des enfants, quelques vieux mais surtout de jeunes hommes dans la vingtaine. On ne parlait pas beaucoup. Tous savaient le risque encouru de voyager en haute mer. On avait entendu des histoires de bateaux chavirés, mais il était trop tard pour reculer. Il faisait froid et certains n’avaient pas de quoi se couvrir. Tout ce qu’ils possédaient au monde était visible et mis à nu face aux éléments à la merci desquels ils se trouveraient. Malgré la dureté de la situation, il y avait des boute-en-train sur le bateau et par moment on se serait cru dans un camp de vacance. Ceux qui blaguaient étaient jeunes et désinvoltes, mais même eux fronçaient souvent les sourcils. La traversée ne dura que deux jours. Beaucoup moins longue que les deux semaines en Jeep, elle était plus difficile. Dans les premières heures après le départ,  les estomacs les plus fragiles ont capitulés. Bientôt, en haute mer, avec des vagues hautes comme des montagnes plusieurs tournaient la tête pour vomir.  Comme il n’y avait pas de prise où se tenir, on risquait à chaque lame d’être éjecté hors de sa place. Le premier à tomber à l’eau était un gamin qui s’est levé au mauvais moment pour pisser. Avant qu’on ait pu le secourir, il était couvert par les ondulations marines. On le voyait émerger et essayer de nager vers le bateau, mais il s’éloignait petit à petit. On connaissait tous la consigne. En tombant à l’eau, on était perdu. Risquer la vie de plusieurs pour en sauver un était hors de question. En deux jours, on a vu plusieurs personnes chuter. Chaque fois, on regardait leurs yeux paniqués disparaître dans les flots. Chacun se recueillait et priait son dieu. Impossible de savoir si on priait pour ceux tombés ou si on suppliait de ne pas être le prochain. Ici, il n’y avait pas de blessé. On était soit faible ou mort, sans autre option. Sur les soixante personnes entassées sur le bateau au départ, cinquante quatre ont abouti sur la rive italienne. Aucun de ceux-là n’était particulièrement heureux, par ce qu’ici ce n’était que le commencement.</p>
<p>Là-dessus, J’ai offert à David de prendre un café avec moi. À sa manière d’hésiter, j’ai compris qu’il préférait prendre l’argent du café. Le camion de recyclage passait. Il faisait un boucan fou en ramassant le verre. On s’est déplacé un peu sans que David n’atténue l’attention qu’il me portait. Ses yeux ne cherchaient pas de potentiels clients, même s’il n’espérait plus rien de moi. _« Mais qu’attends-tu de l’avenir? » Demandai-je. _« M’en aller d’ici, il n’y a pas d’argent en Italie. » _ « Où est-ce que tu veux aller? » _« Au Canada peut-être.» Il m’avait expliqué qu’il faisait juste assez d’argent pour payer son lit dans une chambre à la station Termini, qu’il partage avec d’autres réfugiés. Cent cinquante Euros par mois, plus les dépenses pour la bouffe quotidienne ne lui permet aucune économie. C’est comme ça un mois après l’autre. Mais comment pense-t-il s’en sortir? Ils ont organisé une loterie là où il habite. Ils mettent chacun cinq ou dix Euros quand il peuvent et le gagnant emporte la cagnotte. Un ou deux mille Euros avec quoi commencer une nouvelle vie. C’est la seule porte de sortie. Il est pourtant ébéniste de métier. Il dit que chez lui, il faisait de belles chaises solides et des meubles, mais ici personne ne l’engagera sans papier. Alors il continue d’acheter des caleçons et des chaussettes et de les vendre sur la rue. Face à l’impatience des passants, il ne se lasse pas de sourire. Les carabinieri le tolèrent sans lui coller d’amende. Il me répond là-dessus en riant à voix haute, n’ayant rien à perdre, disant qu’il ne pourrait pas payer de toute façon. Quand ils l’accostent, ils ne confisquent rien. Ils lui ordonnent de ranger son matériel dans son sac, puis lui tournent le dos.  Il les laisse s’éloigner, change de rue et recommence sa sollicitation sans trop perdre de temps. Plusieurs heures sans vente est un repas en moins. Ce qui est frappant avec David, c’est qu’il n’est ni morose, ni démoralisé, ni fatigué, ni ne semble particulièrement envieux de la vie de ceux qui sont en règle. Malgré ce qui lui manque, il apprécie ce qu’il possède: sa jeunesse, sa force, sa santé. Il peut marcher, il peut apprendre, il peut rigoler. Chaque repas est une bénédiction et chaque journée un accomplissement. Il prie et la vie est devant lui. La force et l’espoir lui viennent sans doute de plus grandes misères qu’il a vues chez d’autres. Peut-être est-ce la cruauté de l’éphémère ou la brutale et imprévisible fin qui guette à chaque tournant, comme celle de cet enfant qu’il voyait plaisanter et rire un moment, et l’instant d’après basculer hors du bateau pour être avalé sans recours par les vagues impassibles.</p>
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		<title>Antoine à la biennale de Venise</title>
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<p><a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150308.jpg"><img class="alignleft size-large wp-image-589" title="P1150308" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150308-1024x768.jpg" alt="" width="450" height="337" /></a><a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150313.jpg"><img class="alignleft size-large wp-image-590" title="P1150313" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150313-768x1024.jpg" alt="" width="450" height="600" /></a><a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150312.jpg"><img class="alignleft size-large wp-image-591" title="P1150312" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150312-768x1024.jpg" alt="" width="450" height="600" /></a><a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150393.jpg"><img class="alignleft size-large wp-image-597" title="P1150393" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150393-1024x768.jpg" alt="" width="450" height="337" /></a><a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150390.jpg"><img class="alignleft size-large wp-image-599" title="P1150390" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150390-768x1024.jpg" alt="" width="450" height="600" /></a><a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150391.jpg"><img class="alignleft size-large wp-image-598" title="P1150391" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150391-1024x768.jpg" alt="" width="450" height="337" /></a><a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150151.jpg"><img class="alignleft size-large wp-image-596" title="P1150151" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150151-1024x768.jpg" alt="" width="450" height="337" /></a><a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150153.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-594" title="P1150153" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150153-300x225.jpg" alt="" width="218" height="163" /></a><a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150152.jpg"><img class="size-medium wp-image-595 alignright" title="P1150152" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/P1150152-300x225.jpg" alt="" width="217" height="163" /></a></p>
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		<pubDate>Sun, 23 Oct 2011 11:44:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quam superioris belli furore
Soir de pleine lune. On m’a dit un jour que les Japonais voient un lapin dans la lune. C’est tout ce que j’y perçois depuis, et j’en ai marre. Il m’a toujours gêné ce lapin tordu. Aujourd’hui, j’ai décidé de l’observer longuement avec un esprit ouvert. J’ai bien regardé et enfin, j’ai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quam superioris belli furore<a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/10/P1130812.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-585" title="wine in rome" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/10/P1130812-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a></strong></p>
<p>Soir de pleine lune. On m’a dit un jour que les Japonais voient un lapin dans la lune. C’est tout ce que j’y perçois depuis, et j’en ai marre. Il m’a toujours gêné ce lapin tordu. Aujourd’hui, j’ai décidé de l’observer longuement avec un esprit ouvert. J’ai bien regardé et enfin, j’ai vu autre chose. L’image s’est révélée à moi tout d’un coup sans effort, ni préméditation. J’ai beau chercher à n’y voir qu’une illusion passagère, j’ai cligné des yeux plusieurs fois et maintenant j’en suis tout à fait sûr. Je vois positivement le visage d’une femme les yeux fermés, entrain de jouir.  C’est très clair. Ses sourcils sont froncés et le bas de son visage est calme et serein. Sa bouche décrit un « o ». Mais pas un « o » fermé comme dans « trop », mais ouvert, comme dans « encore ». Pour le reste de mes jours, je pourrai voir cette femme dans les tracés de la géographie lunaire, et fuck le lapin.</p>
<p>À trente centimètres d’écart dans le ciel, un astre luit. Ou bien est-ce un banal avion? Je le regarde avec insistance pour le voir grossir, mais je suis distrait par un groupe de prêtres qui passe. L’un d’eux devance les autres en parlant à son cellulaire. Je ne l’entends pas, mais je vois à ses gesticulations qu’il est Italien. Les locuteurs de cette langue ont besoin de leurs mains pour s’exprimer convenablement. Ce n’est un secret pour personne, et le téléphone n’y change rien. Si une main tient l’appareil et la seconde est occupée à porter quelque chose comme un livre, ils doivent déposer leur charge pour complémenter leur discours d’une gestuelle expressive, même si leur interlocuteur ne les voit pas. Surtout s’ils s’impatientent et s’animent. Parfois, il faut les deux mains pour bien s’exprimer en italien. Mon prêtre va et vient et s’exprime à une seule main, calmement. Les autres ecclésiastes avancent avec lenteur. Tous avec une démarche identique. D’abord, le talon se pause lourdement sur le sol avec le pied ouvert comme une ballerine, puis le genou se raidit et enfin le tronc balance vers l’avant (comme un canard). Moins qu’un exercice, plus paresseux et moins engagé qu’une balade, il s’agit d’une oscillation pataude et apathique. Une sorte de balancement  sur place où l’avancée paraît accidentelle, une occurrence involontaire qui relève de l’élan de groupe. Comme les moutons d’une horde suivent le courant, l’expression de l’inertie collective répond grossièrement à l’impulsion qui consiste en une impossibilité de reculer. Le vent n’offre aucune résistance. Sinon, je crois bien qu’ils arrêteraient de se mouvoir.</p>
<p>Un vendeur de fleur interrompt ma fascination. Il s’arrête devant moi et me cache les prêtres. Il a l’avantage de la jeunesse, alors je le regarde. Ses yeux sont clair, son geste est vif, son regard effervescent. On entame une conversation. Il est à Rome depuis deux mois seulement, mais semble maîtriser l’italien mieux que moi. Il est seul au pays. Sans famille, ni frère, ni cousin. Il est venu d’Inde pour faire des sous, puis compte retourner. Combien de temps va-t-il rester ici? Il sourit sans répondre. Une équipe de tournage bloque la circulation. Elle se concerte au milieu de la piazza pour planifier les angles et les mouvements de caméra. Je donne deux euros au fleuriste qui insiste pour me donner trois roses. Je les refuse par deux fois, trois fois. Il cède enfin et dépose tout son bouquet pour me parler un peu plus longtemps. Il répète sans morosité, ni mélancolie qu’il est sans famille ici, et je commence à mesurer le poids du vide qu’il ressent. Il croit que je suis italien. Je le détrompe. Que je sois Canadien-Égyptien ne l’engage pas du tout. A-t-il des amis indiens? Non, aucun. Où dort-il? Il répond d’un geste vers le grand espace vert. Je lève les bras vers le ciel pour signifier « à la belle étoile?». Il fait oui de la tête. C’est froid, non? Il dit non en souriant. Il est jeune, ne s’inquiète pas trop, ne pense pas au futur. Il répète que c’est difficile sans sa famille. Il ne connaissait pas ce mot en italien « <em>di-ffi-chi-lè </em>» au début de notre conversation, me l’a fait répéter plusieurs fois. Je lui ai expliqué. Maintenant, il l’utilise dans chaque phrase. Il continue de sourire. L’équipe de tournage avait disparu mais elle revient. L’un du groupe pointe le doigt dans ma direction sans me viser. Les voitures dans la rue s’impatientent contre les rangées de camionnettes de Cinecittà qui bloquent la circulation. Ils font un tintamarre assourdissant en guise de protestation. Je lève les yeux au dessus du jeune indien. Il sent que mon intérêt pour lui décroît, pourtant je voulais juste regarder la lune, maintenant beaucoup plus petite, et tenter de distinguer la femme à l’orgasme. Il ramasse ses fleurs, je lui serre la main. « Buona fortuna ». Il répond « Buona fortuna ». À l’ouest de la lune, brûle une boule de feu plus grosse que celle de tout à l’heure. Cette fois, je la fixe et vois qu’elle bouge. Ça ne pouvait pas être une étoile. Seulement un autre avion qui atterrira à Rome. Peut-être transporte-t-il de futurs vendeurs de fleurs de l’Inde ou d’ailleurs. À l’est, Vénus brille avec ardeur et pourrait tromper un observateur naïf. Formant un triangle isocèle avec Vénus et la lune, un nouveau vendeur de fleur apparaît. Peut-être a-t-il été aiguillé par le précédent vers moi, donneur de deux euros contre une conversation. Je lui souris en baissant les yeux pour le décourager. Il continue sans s’arrêter. De l’équipe de Cinecittà reste deux travailleurs qui étalent des rails pour un « traveling » de caméra. Ils s’y reprennent à trois ou quatre fois par segment de rail qu’ils alignent et aplanissent à l’aide de bouts de bois. Bien que l’air se soit rafraîchi, l’un d’eux retire son chandail et se dirige vers le camion, alors que l’autre s’assoit sur des boîtes marquées au nom de la célèbre société de film. Heureusement, j’ai apporté un chandail.</p>
<p>Avant de rentrer, je jette un dernier coup d’œil du belvédère. Tant d’argent englouti dans ces monuments romains à travers les âges et pas de toit pour un indien affamé. Avant de fermer les yeux pour s’endormir sous les arbres ce soir, il aura peut-être une pensée pour sa famille. Surtout s’il a froid. Ils ont recommencé lentement à pauser les rails sans dire un mot. Je les sens fatigués. La nuit leur sera longue. Mais qu’est-ce qu’ils tournent au fait? Peut-être le film de Woody Allen, que je regarderai l’hiver prochain à l’abri des trottoirs enneigés, bien au chaud avec mon chat sur les cuisses et mon amoureuse sur l’épaule. Y a pas de justice.</p>
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		<pubDate>Fri, 07 Oct 2011 01:08:57 +0000</pubDate>
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Gianicolo
Les ombres des chauves-souris sillonnent l’espace éclairé précédant le champ arborescent qui sépare de la vue en plongée sur Rome. Ces petits monstres volants se distinguent par leur vol spastique et leur zigzag aérien, comme des hirondelles bourrées d’amphétamine. Sans répit, elles chassent les moustiques à leur heure de sortie et se les bouffent à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/10/gianicolo1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-562" title="gianicolo" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2011/10/gianicolo1-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>Gianicolo</p>
<p>Les ombres des chauves-souris sillonnent l’espace éclairé précédant le champ arborescent qui sépare de la vue en plongée sur Rome. Ces petits monstres volants se distinguent par leur vol spastique et leur zigzag aérien, comme des hirondelles bourrées d’amphétamine. Sans répit, elles chassent les moustiques à leur heure de sortie et se les bouffent à la pelle. Combien d’insectes doivent-elles avaler pour se repaître? 50, 100, 10? Toutes celles qu’elles ratent dans leur course effrénée semblent me talonner, tournoyer autour de mes jambes et me torturer les mollets qui pendent de la balustrade en oscillant et en battant l’un contre l’autre dans un clappement sourd, peut-être comme feraient les cloches de San Pietro galbées d’épais caoutchouc congolais. Le ciel exprime ces teintes crépusculaires et rappelle les variantes surréelles des tableaux de Magritte. Je glougloute déjà le fond de ma Franziskaner en levant les yeux sur Garibaldi triomphant sur son cheval aux hanches gonflées. Deux femmes se bécotent discrètement, exultant au rythme des flashs successifs d’autoportraits numériques qu’elles multiplient. Puis elles contemplent leur image et glapissent comme des poules. Je partage leur joie à distance en les regardant avec un plaisir inexpliqué. Peut-être éprouvant de la solidarité pour leur état minoritaire et opprimé; comme j’éprouve de la sympathie pour les sans-papiers nigérians ou les bonnes philippines, ou les asiatiques revendeurs de babioles paralysés par le règlement de Dublin. Malgré le crépuscule qui soustrait ces dernières lueurs, des voitures s’arrêtent, parfois des taxis. En émergent des touristes plutôt vieux qui se ruent vers la rampe, les yeux rivés sur les formes évanescentes de la ville, pointant en direction des clignotements et en nommant le Colisée, le Panthéon ou la piazza Venezia qui continuent de trôner dans la pénombre. Au bout de quelques instants, ils retournent au conducteur qui les attend pour attraper la réservation qu’ils auront faite dans un restaurant recommandé par leur guide. Un homme seul approche. Après avoir regardé longuement les lumières lointaines du soir naissant, il finit par se hisser sur la balustrade et comme moi, heureux mais seul, balance ses pieds croisés suspendus dans le vide, en attendant de décider ce qu’il fera de sa soirée.</p>
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		<pubDate>Tue, 10 May 2011 04:19:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Music]]></category>
		<category><![CDATA[Shows]]></category>

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		<description><![CDATA[

Vous êtes invités à assister au spectacle de l&#8217;ensemble Ulysse Jeudi le 12 mai à 20:00h à la maison de la culture Plateau-Mont-Royal, 465 Mont Royal, est  (514) 872-2266 (en face du Métro Mont-Royal)
En  son hommage, nous présenterons l&#8217;adaptation de musiques de Bernard  Herrmann dont c&#8217;est le centenaire, avec l&#8217;addition inédite des histoires  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p><a href="../wp-content/uploads/2009/05/herrmanncd.jpg"><img title="herrmanncd.jpg" src="../wp-content/uploads/2009/05/herrmanncd.thumbnail.jpg" alt="" width="128" height="126" /></a></p>
<p>Vous êtes invités à assister au spectacle de l&#8217;ensemble Ulysse <strong>Jeudi le 12 mai à 20:00h </strong>à la maison de la culture Plateau-Mont-Royal, 465 Mont Royal, est  (514) 872-2266 (en face du Métro Mont-Royal)</p>
<div>En  son hommage, nous présenterons l&#8217;adaptation de musiques de <a href="http://antoinebustros.com/ensemble-ulysse/crime-music-bernard-herrmann-revisited/en-francais/" target="_blank">Bernard  Herrmann</a> dont c&#8217;est le centenaire, avec l&#8217;addition inédite des histoires  qui les ont inspirées.</div>
<div>Veuillez prendre note  que l&#8217;entrée est gratuite et que vous pouvez vous procurer les billets à  l&#8217;avance ou les <a href="http://www.accesculture.com/activite/Antoine_Bustros_et_l_Ensemble_Ulysse" target="_blank">réserver en ligne</a>.</div>
</div>
<div>&#8212;</div>
<div>You are invited to attend the Ensemble Ulysse tribute to <a href="http://antoinebustros.com/ensemble-ulysse/crime-music-bernard-herrmann-revisited/en-francais/" target="_blank">Bernard Herrmann</a> on <strong>Thursday May 12 at 20:00h </strong>at maison  de la culture Plateau-Mont-Royal, 465 Mont Royal, East (514) 872-2266  (across the street from the Mont-Royal Métro station). We will be  performing adaptations of his music to mark his centennial. In addition,  you will hear the stories that have inspired the music.</div>
<div>Please note admission is free. You can get tickets in advance or make an <a href="http://www.accesculture.com/activite/Antoine_Bustros_et_l_Ensemble_Ulysse" target="_blank">online reservation</a>.</div>
<div><a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2009/05/herrmanncd.jpg"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-225" title="herrmanncd.jpg" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2009/05/herrmanncd.thumbnail.jpg" alt="" width="128" height="126" /></a></div>
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		<title>Nomination!</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Nov 2010 01:20:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Music]]></category>
		<category><![CDATA[Reviews]]></category>

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		<description><![CDATA[Bonnes nouvelles: l&#8217;album CRIME MUSIC: Bernard Herrmann revisited (XXI Productions Inc.) a été nominé pour le prix OPUS dans la catégorie   DISQUE DE L’ANNÉE – MUSIQUES MODERNE, CONTEMPORAINE !


]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2009/05/herrmanncd.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-225" title="herrmanncd.jpg" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2009/05/herrmanncd.thumbnail.jpg" alt="" width="128" height="126" /></a>Bonnes nouvelles: l&#8217;album <strong><em>CRIME MUSIC: Bernard Herrmann revisited</em></strong> (XXI Productions Inc.) a été nominé pour le prix OPUS dans la catégorie   <strong><a href="http://cqm.netedit.info/52/Finalistes_et_laureats.html" target="_blank">DISQUE DE L’ANNÉE – MUSIQUES MODERNE, CONTEMPORAINE </a></strong><a href="http://cqm.netedit.info/52/Finalistes_et_laureats.html" target="_blank">!</a></p>
<p><a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2009/05/herrmanncd.jpg"><br />
</a></p>
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		<title>Spectacle du trio VMP à la Casa del Popolo</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Jul 2010 15:04:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le trio VMP se produira à la Casa Del Popolo lundi 5 juillet à 21h.
VMP will perform at Casa Del Popolo Monday 5 July at 21h. 4873 St. Laurent, 514-284-3804.
Trompette ben pichet, clavier antoine bustros, electronics greg smith.
I&#8217;ve been asked what kind of music it is. Our music can&#8217;t be classified as belonging to a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le trio<em> VMP</em> se produira à la Casa Del Popolo lundi 5 juillet à 21h.</p>
<p>VMP will perform at <a href="http://www.casadelpopolo.com/" target="_blank">Casa Del Popolo</a> Monday 5 July at 21h. 4873 St. Laurent, 514-284-3804.</p>
<p>Trompette ben pichet, clavier antoine bustros, electronics greg smith.</p>
<p>I&#8217;ve been asked what kind of music it is. Our music can&#8217;t be classified as belonging to a specific genre, except perhaps that it is visually evocative, which is why we call ourselves <strong><em>Visual Music Project</em></strong>. It is genre crossing similar to film music. Some parts are funky, jazzy, moody. Come and see if you like it!  <a href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2010/07/vmp_casa.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-369" title="vmp_casa" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2010/07/vmp_casa.jpg" alt="" width="451" height="480" /></a></p>
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		<title>Spectacle &#8211; performance</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 22:53:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Shows]]></category>

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		<description><![CDATA[Mercredi, le 11 novembre 2009
20h00 $8 à l’avance &#124; $10 à la porte
La Sala Rossa
4848 St-Laurent, Montréal, Québec
Commandité par le festival Suoni per il Popolo et CKUT radio, Tadamon présente des performances de:
Visual Music Project trio (VMP) (the trio formerly known as Gift of GAB)
Antoine Bustros, piano, clavier
Benoît Piché, trompette
Greg Smith, échantillonneur
Le nouveau trio Visual [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mercredi, le 11 novembre 2009<br />
20h00 $8 à l’avance | $10 à la porte<br />
La Sala Rossa<br />
4848 St-Laurent, Montréal, Québec</p>
<p>Commandité par le festival <em>Suoni per il Popolo</em> et CKUT radio, Tadamon présente des performances de:</p>
<p><strong>Visual Music Project trio (VMP)</strong> (the trio formerly known as <em>Gift of GAB</em>)</p>
<p>Antoine Bustros, piano, clavier<br />
Benoît Piché, trompette<br />
Greg Smith, échantillonneur</p>
<blockquote><p>Le nouveau trio Visual Music Project sera accompagné<br />
d’une projection d’extraits du film documentaire « Territoires »<br />
de Mary Ellen Davis.</p>
<p>Antoine Bustros’s new Visual Music Project trio will be accompanied by projected excerpts from ‘Territories’ a documentary film by Mary-Ellen Davis.</p></blockquote>
]]></content:encoded>
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		<title>G.A.B. live en concert au bar l&#8217;Escalier</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Jun 2009 02:12:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Shows]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 18 juin, 21:30 (notez la correction par rapport à l&#8217;affiche)
 Greg Smith &#8211; sampler, guitar
Antoine Bustros  &#8211; keyboard
 Benoît Piché &#8211; trumpet

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 18 juin</strong><strong>, 21:30</strong> (notez la correction par rapport à l&#8217;affiche)</p>
<p><strong> G</strong>reg Smith &#8211; sampler, guitar<br />
<strong>A</strong>ntoine Bustros  &#8211; keyboard<br />
<strong> B</strong>enoît Piché &#8211; trumpet</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-244" title="g_a_b-lescalier-poster-e_flyer_2" src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2009/06/g_a_b-lescalier-poster-e_flyer_2.jpg" alt="g_a_b-lescalier-poster-e_flyer_2" width="432" height="259" /></p>
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		<title>Sur le marché ! (19 mai 2009)</title>
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		<pubDate>Wed, 06 May 2009 20:05:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Music]]></category>

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		<description><![CDATA[Le nouvel album de l&#8217;ensemble Ulysse sera en magasin le 19 mai 2009.
CRIME MUSIC &#8211; Herrmann Revisited. (Sous l&#8217;étiquette Productions XXI)
Lancement officiel en septembre.
Voir critiques du spectacle et de l&#8217;album

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le nouvel album de l&#8217;ensemble Ulysse sera en magasin le 19 mai 2009.</p>
<p><em><strong>CRIME MUSIC &#8211; Herrmann Revisited. </strong></em>(Sous l&#8217;étiquette <em>Productions XXI</em>)</p>
<p>Lancement officiel en septembre.</p>
<p>Voir <a href=" http://antoinebustros.com/ensemble-ulysse/reviews/" target="_blank">critiques</a> du spectacle et de l&#8217;album</p>
<p><a title="herrmanncd.jpg" href="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2009/05/herrmanncd.jpg"><img src="http://antoinebustros.com/blog/wp-content/uploads/2009/05/herrmanncd.jpg" alt="herrmanncd.jpg" /></a></p>
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